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Préserver les preuves : ne rien effacer.
Après un piratage, une fraude ou une prise en main à distance, les messages, journaux, applications, notifications et connexions visibles peuvent disparaître très vite. Avant de nettoyer, respirez : la priorité, c'est de stabiliser la situation et de conserver ce qui permettra de comprendre et documenter les faits.
Le réflexe naturel est souvent de tout effacer pour « repartir à zéro ». C'est humain. Mais une suppression trop rapide peut faire perdre des éléments utiles à votre banque, à la plateforme concernée, à votre assurance, à une plainte ou à un rapport d'intervention. Rien n'est perdu : on avance dans le bon ordre.
À faire tout de suite
Trois réflexes simples, avant tout nettoyage ou réinitialisation. Vous n'avez pas besoin de tout comprendre pour les appliquer.
1. Ne supprimez rien. Gardez les messages, e-mails, notifications, journaux d'appels et opérations tels quels, même ce qui vous met mal à l'aise.
2. Notez la date et l'heure, puis capturez. Photographiez ou faites une capture des écrans concernés, en laissant visible l'expéditeur, l'URL, le numéro ou le compte.
3. Conservez vos appareils et supports. Téléphone, ordinateur, clés USB : mettez-les de côté, isolez la connexion si besoin, mais évitez d'éteindre ou de réinitialiser sur un coup de tête.
Un doute sur un geste ? Être rappelé avant d'agir, c'est gratuit et sans engagement, et on ne vous demandera jamais vos codes.
Les quatre gestes avant la remédiation
La méthode reste proportionnée à l'incident : conserver l'essentiel, sans multiplier les manipulations inutiles.
Ces gestes se suivent, mais rien ne vous oblige à tout faire parfaitement. L'important est de séparer ce qui est constaté de ce qui est supposé : on documente les faits observables, sans transformer un ralentissement, une capture ou une application inconnue en certitude de piratage. Une fois l'essentiel conservé, la sécurisation et le nettoyage peuvent être menés plus sereinement.
Pourquoi la preuve numérique est fragile
Un simple clic, une synchronisation ou une remise à zéro peut modifier les données disponibles. D'où l'intérêt de distinguer la sécurisation urgente de la suppression irréversible.
Données volatiles
Sessions actives, notifications, journaux récents et processus peuvent évoluer ou disparaître avec le temps.
Synchronisation
Supprimer un message ou un fichier peut se répercuter sur plusieurs appareils et services cloud d'un coup.
Réinitialisation
Une remise à zéro peut effacer applications, historiques, paramètres et traces utiles à la chronologie.
Contexte
Une capture isolée aide moins si elle ne montre ni la date, ni l'expéditeur, ni l'URL, ni le compte concerné.
Ce qu'il faut conserver, selon votre situation
La valeur d'un élément dépend de son contexte et de sa traçabilité. L'objectif n'est pas de tout collecter, mais de préserver ce qui aide à établir les faits.
- Journal d'appels
- SMS et notifications
- Applications et autorisations
- Appareils associés
- Logiciels installés
- Outils d'accès à distance
- Alertes de sécurité
- Fichiers et journaux utiles
- Sessions ouvertes
- Historique de connexion
- Règles de transfert
- Moyens de récupération
- Échanges avec la banque
- Tickets de support
- Références de plainte
- Chronologie des actions
Ce qu'il faut éviter
La conservation doit rester méthodique. Accumuler des copies, installer plusieurs outils ou manipuler les originaux sans traçabilité peut compliquer l'analyse.
Les faux pas à ne pas commettre
Ne pas supprimer les messages ou notifications utiles, même s'ils sont gênants.
Ne pas réinitialiser un appareil avant d'avoir documenté ce qui s'y trouvait.
Ne pas modifier les fichiers originaux sans nécessité, travaillez sur des copies.
Ne pas conclure au piratage sans élément vérifiable : un doute n'est pas une preuve.
Une capture d'écran peut être précieuse, surtout si elle montre la date, l'heure, l'expéditeur ou le compte concerné. Elle doit toutefois être replacée dans une chronologie, et ne prouve pas toujours à elle seule l'origine de l'incident. Faut-il éteindre l'appareil ? Pas systématiquement : si une activité malveillante est en cours, isolez la connexion ; un arrêt brutal peut, lui, faire disparaître certains éléments. En cas d'analyse technique, d'expertise ou de démarche envisagée, conservez l'appareil d'origine et limitez les manipulations.
Des engagements,
pas des promesses.
Ce guide vous aide à agir vite et dans le bon ordre. Il ne garantit aucun résultat : ni remboursement, ni récupération de fonds, ni identification de l'auteur. Nous vérifions, sécurisons, documentons et recommandons, et nous ne vous demanderons jamais vos codes, mots de passe ou numéros complets de carte. Vos données restent en France.
Vous n'avez pas à tout gérer seul.
Vous préférez qu'on vérifie avec vous ce qu'il faut conserver, avant de nettoyer ? Expliquez la situation : on qualifie l'urgence, les risques immédiats et les premières actions à ne pas manquer, sans jargon, et sans jamais vous demander vos codes.
Préserver d'abord, sécuriser ensuite
Une fois les éléments utiles conservés, la suite se mène plus sûrement. Voici les guides les plus utiles après celui-ci.
Les 6 réflexes immédiats
Les bons gestes communs à presque tous les incidents, dans le bon ordre, pour agir vite sans aggraver la situation.
Ouvrir le guide →Se faire rembourser une fraude
Vos preuves bien conservées servent ici : droits, délais et recours pour une opération bancaire non autorisée.
Ouvrir le guide →Porter plainte & signaler
Plainte, Perceval, THÉSÉE, Cybermalveillance.gouv.fr : à quoi sert chaque dispositif officiel, et dans quel ordre les enchaîner.
Ouvrir le guide →Voir aussi : tous les guides · votre situation
